Les Bénédictins à Valfleury

Le pèlerinage prend son essor sur le règne d’Henri I. Celui-ci « donna l’église de Valfleury à saint Robert (Robert de Turlande), abbé de la Chaise Dieu, par une charte de 1052 ; elle fut dès ce temps-là desservie par des religieux bénédictins sous le titre de prieuré de Valfleury ». (Cf. Bernadette Carcel,  La Vallée Fleurie, p. 19). Les moines y sont arrivés probablement en 1059 poussés par la nécessité d’accueillir un pèlerinage qui devenait florissant. Les moines donnèrent au prieuré le nom de Vallis Florida (Vallée Fleurie, Valfleury), en souvenir du récit merveilleux de la découverte de la statue de Marie. Le prieuré demeura sur l’autorité bénédictine de 1052 à 1687. Lorsqu’ils s’installèrent, les Bénédictins trouvèrent « une chapelle correcte, mais ils durent y adjoindre les bâtiments nécessaires à la vie monastique, dont un petit cloître ». (Cf. Bernadette Carcel,  Op.cit. p. 20). Cette première chapelle romane devait être à l’emplacement de la crypte actuelle. Au fil des siècles, l’accroissement du pèlerinage semble entraîner un accroissement de la fondation. «… Nous savons qu’il y avait un cloître ; un vieux chemin au chevet de l’église porte encore son nom, chemin du Cloûtre ou du Cloître ; il y avait un pré du Cloître ; les anciens terriers nous parlent toujours du Cloître ; les legs pieux parlent aussi de plusieurs religieux ; les messes données sont nombreuses ; les moines qui vivent là sont très considérés ; leurs prieurs sont parfois de grands personnages. Le règlement observé est celui de l’abbaye-mère ; la prière, l’office liturgique, le travail manuel, les œuvres de bienfaisance remplissent la journée des religieux… » (Cf. A. Berjat, Notre-Dame de Valfleury, Lyon, 1931, pp. 17-18). Le développement du sanctuaire entraîne celui du village. Au XIIIème siècle (1262) il fallut y ériger un cimetière.

 

La renommée du pèlerinage est important, on arrive à Valfleury par plusieurs chemins jalonnés de croix et la rue principale est appelée « rue de la procession ». Outre, pour le salut des défunts et la consécration des enfants à Marie, on se tourne vers la Vierge pour des circonstances diverses : se mettre sous sa protection avant de partir en guerre (ainsi Guillaume de Châteauneuf lors de la neuvième croisade, en 1275, parmi d’autres), obtenir des guérisons, obtenir l’arrêt d’épidémies.

 

On observe des nombreux legs pieux jusqu’au XVème siècle. Puis, très peu de choses au XVIème. Ceci est révélateur de la misère causée par les guerres de religion. La vie monastique diminue et de nombreux monastères, dont Valfleury, tombent en commende.  En 1485 le prieuré de Valfleury fut unit à celui de Savigneux, près de Montbrison. Il n’y eut plus de religieux à Valfleury. Les prêtres séculiers reçurent le « bénéfice » en « commende », c’est-à-dire qu’ils percevaient les revenus du prieuré en y assumant, ou en y faisant assumer, le minimum de service spirituel. Toutefois, le pèlerinage continua : outre la présence d’un hôtel (« le Lion d’Or »), on sait par des actes du XVIème siècle qu’il y avait même adossés à l’église, des boutiques de marchands d’objets de piété.

 

De 1585 à 1629 les terribles épidémies de peste poussent les populations en foule à venir en pèlerinage. « En 1629 la peste ravage toute la contrée et les chemins de Valfleury sont partout sillonnés par les processions de 52 paroisses qui ont été délivrées du fléau aussitôt qu’elles ont eu fait leur vœu à la Sainte Vierge » (Cf. A. Berjat, p. 25). En 1630 l’illustre historien jésuite, le P. Poiré, parle du « célèbre pèlerinage de Notre-Dame de Valfleurie » (Cf. A. Berjat, p. 24). 

 

Dès 1643 nous retrouvons le dernier prieur commendataire, Jacques Manis. En 1664 il demande à La Chaise-Dieu « d’envoyer des religieux pour faire le service dans lesdits prieurés de Savigneu et Valflorie » (A. Berjat, p. 27). Mais l’abbaye fut dans l’impossibilité d’y envoyer des religieux. Devant l’affluence des pèlerins à Valfleury et « convaincu qu’il n’y a qu’une communauté qui puisse desservir ladite église » Jacques Manis remet le sanctuaire aux Lazaristes (Congrégation de la Mission) le 22 novembre 1687.

 

 

Pèlerinage de la commune de saint Chamond 1629