La statue de la Vierge au genêt d’or

Sculptée dans du hêtre, et mesurant 68 cm. de haut, la statue de la Vierge date du IMGP1011IXème siècle, mais grossièrement restaurée fin du XIème siècle (tête de la Vierge, Enfant Jésus) probablement par les moines de la Chaise-Dieu, après une grave mutilation survenue après l’effondrement de la chapelle primitive.

La Vierge foule aux pieds l’Hydre à deux têtes, laquelle possède des grandes griffes et ses deux têtes ouvrent une gueule aux dents énormes. Est-ce une allusion aux hérésies de Nestorius et d’Arius qui divisent la chrétienté à cette époque ? (Vème/ VIIIème siècle). S’agit-il d’une référence à l’Apocalypse ? Est-ce une influence celtique, encore très vivace dans le haut Moyen Âge ? Il faut remarquer toutefois que l’Enfant Jésus (celui d’origine a disparu hélas !) est une caractéristique la plus reculée de l’imagerie des Vierges (influence byzantine). Il ne fait pas de doute que le corps de cette statue a été sculpté par les ateliers rhénans de l’époque carolingienne au sortir de la période mérovingienne. Le large bandeau qui entoure la tête de la Vierge n’est probablement que le support d’une couronne en forme de tiare ou de bonnet comme en portaient les rois carolingiens.

La Vierge est représentée « assise sur un trône dans une attitude frontale ; figée et grave, présentant au monde, de la main droite ouverte, son Fils Jésus-Enfant, assis sur ses genoux, qui bénit de la main droite et tient un livre dans la main gauche ; il est vêtu d’une tunique et d’un manteau ». (Bernadette CARCEL, La Vallée Fleurie », p. 21).

Marie est assise sur un trône recouvert d’une draperie. Les deux pieds de la Vierge Marie reposent sur deux animaux adossés. Cela évoque peut-être la lutte entre la femme et le dragon dans le livre de l’Apocalypse (Ap 12,1-6) : Marie terrasse le dragon (symbole du mal).

Les deux animaux aux pattes griffues semblent se rebeller, ouvrant une gueule aux dents énormes, tirant leur langue ou crachant des flammes.   Cela nous rappelle le livre de la Genèse où la femme écrase la tête du serpent (Gn 3,14-15).  Par Marie le mal est écrasé, car elle porte en elle le salut du monde : Jésus-Christ.

La Vierge Marie est revêtue d’un grand manteau aux plis souples, qui retombe sur les bras et déborde sur le siège ; au devant il tombe sur les genoux à la manière d’une chasuble. La robe de la Vierge Marie est relevée sur ses pieds et permet d’apercevoir un tapis jeté sur les animaux du marchepied.

La main droite de la Vierge est largement ouverte, en geste d’accueil et d’offrande : elle accueille ceux qui regardent vers elle et qui s’approchent d’elle et leur offre son Enfant. Marie donne au monde son Fils.

La tête de la Vierge est couronnée d’un diadème, lequel resserre un voile qui retombe sur les épaules de la Vierge Marie, et tiré en partie vers l’avant, il est fixé par un nœud sur sa gorge.

Les traces de peinture montrent que la statue était initialement polychrome comme cela se pratiquait au Moyen Âge où l’on avait l’habitude de peindre murs et sculptures de la maison de Dieu. Cachée dans une cave pendant la Révolution, elle a reçu alors une couche d’émail noire la rendant semblable aux traditionnelles Vierges Noires. En 1969 elle a subi un décapage qui lui a restitué la couleur « vieux bois » actuelle.

Les manteaux en tissus datent de la fin du XIX siècle et ils ont remplacé d’autres qui existaient en 1803. La Vierge et l’Enfant Jésus de la statue de Notre Dame du Genêt d’Or, sont coiffés –lors des fêtes mariales- de deux couronnes en métal argenté. Ces deux couronnes ont été crées à Rome. Par délégation de Rome, le Couronnement de la Vierge et de l’Enfant, se fit le 31 mai 1860 par Mgr Lyonnet, évêque de Valence (subdélégué de l’archevêque de Lyon)

Son histoire légendaire :

« Un jour aux environs de Noël, vers l’an 800, un berger de la Goutelle conduisant son troupeau avait vu avec étonnement, à la source même de la Dureyze, un genêt tout en fleurs ; il en avait doucement écarté les branches, et, ô merveille, il y avait, au milieu, une statue de la Sainte Vierge assise sur un trône et tenant son petit enfant sur IMGP1013les genoux. Chacun voulut voir là, un prodige. On en informe le curé voisin, messire Rimaud (…) ; celui-ci, tout heureux, fit transporter la statue miraculeuse dans son église, à Saint-Christo.. Les gens du pays arrivèrent en foule pour la vénérer, et à la nuit les portes de l’église furent soigneusement fermées. Grand émoi le lendemain ! La statue n’était plus là, et les portes étaient restées fermées ! C’étaient certainement les anges qui avaient repris leur Reine pour la déposer à nouveau à la source de la Dureyze, non sans s’être arrêtés un instant en chemin, car l’on voyait et l’on voit toujours la place où elle reposa sur le rocher qu’on appelle la Chaise de la Vierge. On la retrouva avec admiration là où le berger de la Goutelle l’avait découverte la veille, et on comprit qu’elle voulait être honorée en ce lieu.

On lui éleva vite une chapelle, à l’endroit qu’elle avait choisi ; trop vite même, car cette chapelle s’écroula bientôt, un jour de Noël, après la sortie des Vêpres, sans faire aucune victime. C’est pourquoi l’on chantait à Valfleury le Te Deum aux vêpres de Noël. » (Cf. récit fait par le Chanoine Berjat, Notre Dame de Valfleury, Lyon, 1931).

Notre Dame accueille ceux qui regardent vers elle et qui s'approchent d'elle. Elle leur offre son enfant. Sa main droite est ouverte en signe d'accueil et d'offrande:

Elle présente et offre son Fils au monde

L'Enfant bénit de sa main droite et tient un livre dans sa main gauche:

Notre Dame de Valfleury foule de ses pieds le dragon à deux têtes:

Découverte de la statue au VIII siècle par un berger: